Le conseil général des Hauts-de-Seine (CG92)
et la ville d'Issy-les-Moulineaux ont été condamnés par le tribunal d'instance
de Vanves à verser quelque 310.000 euros au promoteur Jean Hamon, dans le
cadre de la création avortée d'un musée d'art contemporain, a-t-on appris
mercredi de source judiciaire.
Cette décision concerne le volet civil de l'affaire, alors qu'une
instruction est toujours en cours à Versailles sur des soupçons de
détournements de fonds publics, pour lesquels l'ancien président du CG92
Charles Pasqua, le maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini et Jean Hamon
sont mis en examen.
Selon le jugement, daté du 10 juin et consulté par l'AFP, la somme (310.811
euros) correspond à une série de loyers impayés à M. Hamon entre 2009 et 2010,
malgré un accord passé en 2001 entre le promoteur et le syndicat mixte de
l'île Saint-Germain, formé par la ville d'Issy et le CG92.
Aux termes de l'accord, M. Hamon avait fait donation de 192 oeuvres d'art
au syndicat mixte. En échange, ce dernier s'était engagé à construire un musée
sur l'île Saint-Germain pour les exposer, et à stocker les oeuvres dans la
propriété du donateur, en lui payant un loyer, en attendant sa construction.
Mais le musée, dont la construction a été bloquée par la justice après le
recours d'une association, n'a jamais vu le jour. Une situation qui a conduit
le syndicat mixte à cesser de verser ses loyers depuis 2007, en dépit de
l'accord, qui prévoit leur paiement jusqu'en 2011.
En septembre 2009, la cour d'appel de Versailles avait ainsi condamné les
collectivités concernées à verser 450.000 euros d'impayés de loyers à M. Hamon
en septembre 2009. Mais selon Me Philippe Gumery, avocat du promoteur, "le
conseil général a de nouveau cessé de s'acquitter de ses obligations depuis
cette date."
"La preuve est acquise que le syndicat mixte de l'île Saint-Germain comme
le département des Hauts-de-Seine s'opposent, par principe, à l'exécution des
décisions rendues par les juridictions civiles", a ainsi estimé le tribunal
dans son jugement
Le président du CG92 Patrick Devedjian, à la tête du département depuis
juin 2007, a fait savoir à plusieurs reprises qu'il ne comptait pas payer pour
un musée qui ne verrait jamais le jour.
Le CG92, qui s'est constitué partie civile dans le dossier pénal, estime
que des factures irrégulières ont été réglées à Jean Hamon et doivent être
déduites des loyers.