Suzanne Taton, la mère du supporteur
français Brice Taton mortellement blessé en septembre par des supporteurs
serbes, entend dire jeudi devant la Haute Cour de Belgrade aux inculpés dans
cette affaire tout "le mal qu'ils nous ont fait".
"Je suis mal, j'appréhende beaucoup" de les rencontrer pour la première
fois, a confié mercredi soir Mme Taton, arrivée à Belgrade avec son mari,
Alain, pour assister à la réouverture du procès des meurtriers présumés de
leur fils.
"J'ai envie de les voir et qu'ils nous entendent parler" pour leur dire "le
mal qu'ils nous ont fait, aussi bien à mon fils qu'à toute la famille. Il a
été massacré", a ajouté Suzanne Taton devant quelques journalistes.
"J'ai eu un peu de mal à le reconnaître au départ. Ca, je voudrais qu'ils
l'entendent", a-t-elle poursuivi.
Le jeune homme, qui était âgé de 28 ans, était venu à Belgrade soutenir
l'équipe de football de Toulouse, une ville du sud de la France dont il était
originaire, face aux Partizan de Belgrade.
Sauvagement agressé par des supporteurs quelques heures avant la rencontre,
le 17 septembre, Brice Taton s'est éteint le 29 septembre après douze jours
d'agonie.
Alain Taton entend demander devant le Tribunal à ce que "justice soit
faite". Les parents déclarent avoir confiance dans la justice serbe et
reconnaissent que "le maximum a été fait" pour le soigner à Belgrade.
Interrogée sur l'attitude de dénégation des inculpés lors de la première
partie du procès, Mme Taton a déclaré avoir été "blessée" avec son mari.
"Ca nous a fait du mal de voir toutes ces personnes qui niaient... Quand il
y a plusieurs accusés, il n'y a jamais personne" pour assumer la
responsabilité du coup mortel, a-t-elle dit.
"La vie s'est arrêtée pour nous", a conclu Mme Taton en expliquant, très
émue, sa douleur "de ne pas avoir pu reparler à mon fils. C'était un bon
garçon".