Un mois de prison avec sursis a été requis
mercredi devant le tribunal correctionnel de Troyes à l'encontre d'un militant
anti-nucléaire de l'Aube jugé pour avoir menacé et outragé deux élus.
Michel Gueritte, un des principaux opposants aux projets d'implantation de
centres de stockage de déchets nucléaires dans l'Aube comparaissait mercredi
pour avoir menacé de brûler la mairie de Pars-lès-Chavanges (Aube), menacé de
mort sa maire et outragé l'édile d'Auxon dans un mail.
Le procureur a estimé que M. Gueritte avait "dépassé les limites du débat
démocratique et basculé dans l'invective et la menace". Outre la prison avec
sursis, il a requis une amende de 300 euros.
Le tribunal doit rendre sa décision le 18 mai.
A l'été 2009, Michel Gueritte avait apporté son aide à des associations de
lutte contre le projet de site d'enfouissement de déchets nucléaires initié
par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).
Le militant a invoqué à la barre l'usage de "formules dans un contexte de
combat contre un projet dangereux". "Je ne suis ni un tueur, ni un pyromane,
mais un militant", s'est-il défendu.
"C'est un procès politique, je me suis investi d'une mission pour empêcher
l'arrivée d'une poubelle nucléaire dans l'Aube et on veut me faire taire",
avait-il déclaré avant l'audience.
Dans l'après-midi, une cinquantaine de militants anti-nucléaires vêtus de
blanc, certains baillonnés, s'étaient rassemblés devant le tribunal pour le
soutenir.
L'Andra avait annoncé en juin 2009 la présélection de Pars-lès-Chavanges et
Auxon, qui avaient fait acte de candidature pour la construction d'un site de
stockage souterrain de déchets radioactifs de faible activité à vie longue
(FAVL) à l'horizon 2011.
Face à l'opposition de la population et aux manifestations des
anti-nucléaires, les élus de Pars-lès-Chavanges avaient voté en juillet à
l'unanimité le retrait de la candidature "pour apaiser un climat délétère",
selon les termes de la maire Joëlle Pesme.
Quant aux élus d'Auxon, qui avaient voté à une très large majorité la
candidature pour le site de stockage, ils ont finalement rejeté le projet en
août 2009, entraînant la démission du maire Jean-Louis Caillet.