L'ex-président du Paris SG Laurent Perpère,
interrogé mercredi dans le cadre du volet Nike des transferts douteux du club
devant le tribunal correctionnel de Paris, a mis à mal l'accusation qui
soutenait que les contrats d'image passés avec le sponsor étaient fictifs.
"Tout ce que j'ai vu quand nous avons monté ce contrat avec Nike en 99,
quand nous l'avons renégocié en 2003 et que nous l'avons exécuté, c'est qu'il
s'agissait de prestations réelles qui engageaient Nike et les joueurs pour
leur image individuelle", a assure l'ex-président.
M. Perpère ne "disconvient pas" toutefois qu'ils présentaient un avantage
pour le club puisque ces contrats individuels passés avec certains joueurs
permettaient au PSG de faire des économies de charges.
En s'inspirant du cas de Jérôme Leroy notamment pour démontrer que ces
contrats ne pouvaient pas être des compléments de salaires, son avocat a
ensuite porté un rude coup à l'accusation.
Selon l'accusation, pour laquelle il s'agit de travail dissimulé puisque le
club payait des compléments de salaires non déclarés, le contrat de M. Leroy
était fictif et imposé par le club.
Maître Cornut-Gentille, l'avocat de M. Perpère, a cependant relevé que,
pour la période visée, l'ex-milieu du PSG, s'il avait bien touché de l'argent
de Nike au titre d'un contrat individuel, évoluait à ce moment là à
l'Olympique de Marseille, le club rival du Paris SG.
En revanche, aucun joueur n'étant cité, le tribunal n'a pu se faire
expliquer pourquoi Leroy avait touché cette somme dans une banque
luxembourgeoise.
"S'agissant des contrats Nike, la démonstration a été faite qu'il ne peut
pas s'agir de contrats fictifs, a déclaré l'avocat de M. Perpère. La thèse de
l'accusation, qui soutenait l'existence d'un système, s'écroule. C'est
extraordinaire de nous présenter le contrat de Ronaldinho comme fictif alors
que c'est peut-être le mieux ficelé par Nike".
M. Perpère n'a pas eu de mal à répondre à l'avocat général, victime de
trous de mémoire et obligé de rappeler à la barre d'autres prévenus.
Le tribunal a également peiné à contrecarrer les arguments d'une défense
qui s'ingénie à expliquer les us et coutumes en vigueur dans le monde du
football, qui échappent manifestement aux juges.
La défense a ainsi cité également les cas d'autres joueurs inclus au
dossier qui bénéficiaient déjà de contrats avec Nike ou d'autres
équipementiers avant de rejoindre le PSG, ou encore après en être partis.
En revanche, les explications concernant les amendes forfaitaires mises en
place pour dédommager la marque américaine qui s'estimait lésée par les
joueurs qui ne respectaient pas le contrat collectif passé entre le club et
l'équipementier, ont été moins tranchantes.
Pour l'accusation, celles-ci correspondent exactement à la différence entre
la totalité des contrats individuels passés avec les joueurs et le montant de
"l'enveloppe joueurs" réservée initialement par Nike pour ces contrats.