Le TGI de Paris, saisi en référé d'une demande
d'expulsion de la présidente de l'Umih, Christine Pujol, recluse dans son
bureau alors qu'elle est contestée à la tête du plus puissant syndicat de
l'hôtellerie-restauration, ne rendra pas sa décision avant vendredi.
Le référé, procédure d'urgence qui permet d'obtenir dans des délais très
courts une décision de justice, sera même plus probablement rendu en début de
semaine prochaine, a précisé le vice-président du TGI, Jacques Gondran de
Robert à l'issue de l'audience où chaque partie a défendu son point de vue.
Les avocats de Mme Pujol estiment qu'il est impossible à la justice de se
prononcer sur cette demande d'expulsion tant que la guerre des chefs au sein
du syndicat n'aura pas été tranchée.
Lundi soir, Roland Héguy, restaurateur à Biarritz, a été élu président
confédéral de l'Umih par les opposants à Mme Pujol qui avaient nommé en
novembre André Daguin, président par intérim chargé d'organiser de nouvelles
élections.
"Comment vous, juge des référés, allez-vous pouvoir dire que Mme Pujol,
plutôt que M. Daguin ou M. Héguy est censée occuper ce bureau alors que la
contestation légale est toujours en cours devant les tribunaux ?", a interrogé
l'une des avocates de Mme Pujol, Me Karine Melcher.
L'avocat de la nouvelle direction de l'Umih, Me Rémi Barousse, a mis en
avant le "trouble illicite" constitué par cette occupation qui dure depuis
mercredi soir dernier et "l'urgence" à libérer les locaux.
"L'Umih est un interlocuteur important des pouvoirs publics qui ne peut
fonctionner si le président confédéral nouvellement élu n'accéde pas aux
locaux", a-t-il fait valoir.
Un argument balayé par la défense : "Mme Pujol ne trouble personne à
occuper son propre bureau, on rentre et on circule comme on veut dans le reste
des locaux de l'Umih et les salariés peuvent travailler", a plaidé Me Henri de
Beauregard, qui a demandé au juge des référés, tout comme sa consoeur, de
nommer un administrateur judiciaire pour tenter de démêler cette situation.
La présidente contestée de l'Umih a indiqué mardi qu'elle partira sans
résistance si la justice ordonne son expulsion du siège parisien du syndicat.