Plusieurs témoins ont évoqué mardi devant la
Cour d'assises de l'Essonne l'état dépressif d'une mère qui comparaît pour
l'assassinat de sa fille de 9 ans en septembre 2007.
Elle est soupçonnée d'avoir noyé sa fille Tanite dans la baignoire de leur
domicile d'Arpajon (Essonne). Elle avait ensuite absorbé des médicaments, afin
de suicider.
Kaoutar Chtourou était dépressive depuis début 2007, et avait fait
plusieurs tentatives de suicide. De janvier à juin, elle confie sa fille à une
amie: "là, j'ai compris que ça n'allait vraiment pas", explique son frère.
Pendant cette période, l'accusée est hospitalisée à plusieurs reprises.
Le capitaine de la brigade des mineurs qui a mené l'enquête rapporte les
propos d'un frère de l'accusée, selon lequel "elle avait une vie normale
jusqu'à deux ans avant les faits", ou encore de collègues, qui évoquent un
"changement net": "agréable", elle est devenue "nerveuse, agressive,
incohérente".
Selon ses frères et soeurs, le changement de comportement est dû à une
rencontre, en 2005, avec un nouveau petit ami, avec lequel la relation se
dégrade rapidement, et contre lequel elle porte plainte à deux reprises.
"Elle était persécutée par cette personne. Et persécutée n'est pas un mot
fort", a témoigné son grand frère.
L'accusée a raconté les faits une seule fois, lors de sa première garde à
vue, "d'un bloc", "de façon très froide et sans affect", rapporte le capitaine
de la brigade des mineurs. Depuis, la jeune femme dit ne se souvenir de rien.
Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2007, l'enfant a été trouvée inanimée
dans une serviette, allongée à côté de sa mère sur un lit.
La tante de la jeune victime, inquiète de ne pas avoir de réponse à ses
appels téléphoniques et de trouver porte close, avait alerté les secours.
Le procès doit durer jusqu'à jeudi.