Olivier Durandet, l'amant de Suzanne Viguier,
devrait être entendu lundi en fin d'après-midi devant la cour d'assises du
Tarn, qui juge en appel l'universitaire toulousain Jacques Viguier pour le
meurtre de sa femme, disparue depuis février 2000.
Initialement prévue à 14h30, l'audition a été retardée en fin d'après-midi
en raison de la longue audition d'un policier, dans la matinée. Un autre
policier devait être auditionné en début d'après-midi, avant M. Durandet, mis
en garde à vue mardi dernier pour subordination de témoin.
"J'en dirai plus après, je m'exprimerai à la barre", a déclaré Olivier
Durandet lors de son arrivée au palais de justice d'Albi, peu avant 14h00.
Lundi matin, dans la salle d'audience, le chef de la division criminelle du
SRPJ de Toulouse à l'époque des faits, Frédéric Mallon, a été confronté à une
écoute téléphonique au cours de laquelle M. Durandet lui demande s'il peut se
rendre dans la maison de la famille Viguier y récupérer des documents liés à
l'activité professionnelle de Mme Viguier.
"C'est une violation de domicile", l'avertit le policier, avant d'ajouter
"mais pas vu, pas pris".
L'avocat de la défense Eric Dupond-Moretti dénonce depuis le début du
procès le fait que l'amant se soit comporté comme "un auxiliaire zélé de la
police" et que les enquêteurs l'aient étrangement ménagé. "Pas vu, pas pris",
grommelle l'avocat en hochant la tête, à la sortie du tribunal.
Auparavant Me Dupont-Moretti avait dénoncé une "violation du secret de
l'instruction", car la porte entre la pièce du SRPJ où est interrogé M.
Viguier pendant sa garde à vue et celle où patiente M. Durandet est restée
ouverte, un fait qu'admet le policier.
Sur la base "de déclarations contradictoires et d'éléments très troublants"
de M. Viguier, Frédéric Mallon confie avoir très rapidement "l'intime
conviction" que le professeur de droit est coupable.
En première instance, Jacques Viguier a été acquitté par la cour d'assises
de Haute-Garonne. Le verdict est attendu le 20 mars.