Le procès d'un groupuscule néonazi a commencé
lundi devant le tribunal correctionnel d'Evry, où des prévenus ont expliqué
que leur mouvement avait été fondé en 2008 pour "exterminer la racaille des
cités" de banlieue.
Quatorze personnes âgées de 20 à 37 ans comparaissent pour leur
participation, à des degrés divers, au groupe d'idéologie néonazie Nomad 88.
Ils sont renvoyés devant le tribunal, notamment pour organisation et
participation à un groupe de combat, ainsi qu'importation, acquisition et
détention sans autorisation d'armes ou munitions.
Dans la nuit du 28 au 29 mai 2008, trois néonazis de Nomad 88 s'étaient
rendus dans trois quartiers de Saint-Michel-sur-Orge (Essonne) pour se venger
d'une agression. L'un d'eux avait tiré sur plusieurs personnes au pistolet
mitrailleur, sans faire de blessés, avant d'être interpellé.
"L'idée du groupe est venue au moment des émeutes (de banlieue en novembre
2005) (...) C'était basé sur des idées nazies", a expliqué l'un des prévenus,
ajoutant que le groupuscule s'est constitué début 2008 "sur des idées racistes
et violentes".
"A la base, il s'agissait d'un groupe avec des armes pour se débarrasser de
la racaille en les exterminant", a témoigné l'un de ses acolytes.
L'objectif de Nomad 88 était de "reprendre les territoires, dans certaines
cités, là où la police ne peut plus rentrer, où même les pompiers se font
caillasser", a dit à la barre un autre mis en cause.
Le groupuscule a été baptisé Nomad 88 en référence à la 8e lettre de
l'alphabet, le H de "Heil Hitler". Il était proche du mouvement la Droite
socialiste. La police a retrouvé lors des perquisitions de la littérature
d'extrême droite, des armes et des munitions.
Les statuts de Nomad 88 disposaient que "pour (en) faire partie, il faut
être blanc, national socialiste ou racialiste" et que "quand le groupe a
besoin de moi, je réponds présent quoiqu'il arrive".
"On était tous solidaires entre nous, c'est ce qui m'a beaucoup plu", a
ainsi expliqué un prévenu.
Le procès doit se poursuivre jusqu'à vendredi.