Le tribunal correctionnel de Pontoise va
approfondir à partir de mardi l'examen des responsabilités dans l'accident du
Concorde qui avait fait 113 morts en 2000, avec notamment la perte d'une
lamelle tombée d'un DC10 de Continental Airlines, un des principaux prévenus.
L'accusation maintient que cette pièce, tombée de l'appareil qui avait
décollé de Roissy quelques minutes avant le supersonique, a déclenché
l'accident du Concorde qui a roulé dessus.
En fin de semaine, le tribunal a commencé à aborder le volet
"responsabilités éventuelles, volet américain", qui doit durer dix audiences
soit jusqu'au 27 mars, et notamment la perte de cette lamelle en titane.
La semaine prochaine, il devrait entendre Stanley Ford, 70 ans, accusé en
tant que chef d'équipe chez Continental Airlines d'avoir validé une réparation
effectuée sur cette pièce par John Taylor, sans contrôler son travail. Ce
dernier est poursuivi pour avoir confectionné et posé la lamelle en titane "en
violation des normes en vigueur".
La semaine passée, Air France, compagnie exploitante du Concorde et partie
civile au procès, a affirmé que la reconstitution de l'accident réalisée
Continental Airlines, était une "fiction" visant à "manipuler le public".
La semaine précédente, Continental Airlines avait projeté devant le
tribunal correctionnel, une reconstitution en 3D de l'accident survenu le 25
juillet 2000 à Gonesse (Val-d'Oise).
Avec ces images, la défense de la compagnie américaine voulait démontrer,
sur la base de témoignages écartés par les experts judiciaires, que le
supersonique était en feu environ 700 mètres avant d'avoir roulé sur la
lamelle perdue par un DC10 de Continental Airlines.
"Cette production, que j'admire dans la technique, est en réalité une
fiction, ayant pour objet de manipuler le public", a déclaré Me Garnault,
avocat d'Air France.
"La presse a été utilisée" par la défense de Continental Airlines, a-t-il
affirmé. La projection avait attiré de nombreux journalistes et Continental
Airlines, qui a dépensé 800.000 euros pour la réalisation de ce film
numérique, avait mis des séquences sur internet à la disposition des médias.
Le procès doit durer jusqu'au 28 mai.