La présidente contestée du principal syndicat
de l'hôtellerie et de la restauration, l'Umih, ne partira pas du bureau dans
lequel elle s'est enfermée, "prête à y passer le week-end", a-t-elle réaffirmé
vendredi à une journaliste de l'AFP qui a pu la rencontrer.
"Je ne partirai pas", a réaffirmé Christine Pujol, les traits tirés après
48 heures recluse, avec une collaboratrice, dans le bureau dévolu au président
de l'Umih.
Un référé d'heure à heure demandant son expulsion doit être examiné mardi
par le Tribunal de grande instance de Paris.
"Elle est libre de ses mouvements et peut partir quand elle veut", a
indiqué de son côté Thierry Grégoire, membre du directoire de l'Umih, l'un de
ses opposants.
Mme Pujol conteste le coup de force qui a permis, en novembre, à certains
élus de prendre le pouvoir et de la destituer lors d'une assemblée générale
extraordinaire (AGE) organisée en marge du congrès annuel.
Mme Pujol, qui n'avait plus depuis lors accès à son bureau parisien, a
réinvesti les lieux mercredi au lendemain d'une décision de justice qui l'a
déboutée sur la forme "sans trancher sur le fond".
Depuis elle ne quitte pas son bureau et les couloirs attenants réclamant
d'être reconnue comme présidente et de pouvoir reprendre effectivement ses
fonctions.
Indépendamment du caractère légal ou pas de l'AGE qui l'a destituée, Mme
Pujol n'a pas de majorité aujourd'hui au sein de l'Umih. Tout le directoire
est contre elle, le conseil d'administration est majoritairement contre elle,
elle n'a plus la légitimité démocratique, résume-t-on parmi ses opposants.
Cette nouvelle direction, incarnée par André Daguin, organise lundi des
élections pour désigner un président et un vice-président.
Mme Pujol ne veut pas que ces élections se déroulent. La participation au
scrutin devrait permettre de mieux cerner le rapport de force entre les deux
parties.