L'ancien ministre du tourisme de
Jacques Chirac (2002-2007) Léon Bertrand, en détention provisoire en
Martinique depuis fin novembre dans une affaire de favoritisme, a été remis en
liberté vendredi peu après midi (17H00 à Paris), a-t-on appris de sources
judiciaires à Fort-de-France (Martinique)
M. Bertrand est candidat aux élections régionales dont le premier tour a
lieu dimanche. Il figure en 3e position sur une liste DVD.
Dans un communiqué reçu à Paris, son avocat parisien Alexandre Varaut
souligne que "M. Bertrand, qui est libre de ses allées et venues, pourra
reprendre immédiatement l'exercice de ses responsabilités politiques".
Maire de Saint-Laurent-du-Maroni et président de la communauté de Commune
de l'Ouest Guyanais (CCOG), il avait été mis en examen et écroué le 27
novembre pour "favoritisme et corruption passive" dans le cadre d'une
information judiciaire sur des irrégularités dans la passation de marchés
publics en Guyane.
Cette remise en liberté sur décision du juge d'instruction Thierry Rolland
est conforme aux réquisitions du parquet, a précisé Me Varaut.
Le juge Rolland, qui avait procédé lundi à une confrontation entre les
personnes mises en examen dans ce dossier, a estimé que le maintien en
détention provisoire de Léon Bertrand n'était plus nécessaire aux besoins de
l'enquête, a-t-on précisé de source judiciaire.
La mise en liberté est assortie d'un contrôle judiciaire et du paiement
d'ici le 15 avril 2010 d'une caution de 100.000 euros, a-t-on ajouté.
M. Bertrand pourra rejoindre la Guyane mais ne pourra pas se rendre à
l'étranger, hors du territoire national.
Trois autres personnes écrouées dans cette affaire, Augustin To-Sah-Be-Nza,
le directeur général de la CCOG, Guy Le Navennec, président du Sénog (société
d'économie mixte) et Richard Cheung-A-Long, bras droit de Léon Bertrand à la
mairie de Saint-Laurent-du-Maroni, ont été mises en liberté également par le
juge Rolland, pour les mêmes motifs.
Comme Léon Bertrand, ils sont soumis à un contrôle judiciaire et devront
s'acquitter d'une caution de 100.000 euros et ne devront pas communiquer entre
eux. Ils pourront également rejoindre la Guyane.