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| Harcèlement : la Cour de cassation durcit la responsabilité de l'employeur PARIS le 11/03/2010 (Actualisé le 11/03/2010 à 19h29) - AFP

La Cour de cassation a renforcé récemment la
responsabilité des patrons vis-à-vis de leurs employés victimes de harcèlement
au sein de l'entreprise, selon deux arrêts consultés jeudi par l'AFP. Dans ces deux arrêts révélés par Le Monde et rendus le 3 février, la
chambre sociale de la Cour de cassation précise sa jurisprudence: si un de ses
employés est victime de harcèlement, moral ou sexuel, l'employeur manque à son
obligation "de protection de la santé et de la sécurité" de ses salariés, et
ce "quand bien même il aurait pris des mesures en vue de faire cesser ces
agissements". Cela signifie que même si un patron a pris les mesures nécessaires pour que
la victime soit protégée de son agresseur, il ne pourra être exonéré de sa
responsabilité. A ce titre, le départ du salarié victime devra être considéré non comme une
démission mais comme un "licenciement sans cause réelle et sérieuse", donnant
droit à des indemnités. L'un des deux arrêts concerne une salariée des Hôtels de Paris qui se dit
victime de violences de la part de son directeur. En dépit des dénégations de
l'intéressé, la société l'a blâmé, puis muté. Saisie de cette affaire, la cour d'appel de Paris a estimé que l'hôtel
avait "adopté l'attitude d'un employeur responsable pour prévenir tout conflit
entre les antagonistes" et qu'à ce titre, le départ de la salariée était
assimilable à une démission. En cassant cet arrêt, la Cour de cassation place "les employeurs dans une
situation extrêmement contraignante", réagit l'avocat des Hôtels de Paris, Me
Jean-Philippe Duhamel. "Jusqu'à présent, cela n'était pas aussi net. Désormais, on ne voit plus
comment l'employeur peut s'en sortir. Qu'est-ce que l'hôtel pouvait faire de
plus?", s'interroge-t-il, d'autant plus sceptique que la salariée avait été
l'ancienne concubine du directeur qu'elle a accusé par la suite. Difficile
dans un tel conflit de faire la part entre harcèlement au travail et
contentieux personnel. Ces décisions interviennent alors que piétine la négociation engagée en
octobre entre les partenaires sociaux. Le patronat refuse toujours d'intégrer
que le harcèlement peut résulter de l'organisation du travail et du
management. De dernières négociations sont prévues le 26 mars.

TAGS- Harcelement,
- cassation,
- social,
- patronat,
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