La cour d'assises du Tarn, qui juge en appel le
professeur de droit toulousain Jacques Viguier accusé du meurtre de sa femme
Suzanne, a poursuivi mercredi ses auditions, au lendemain d'une brève mise en
garde à vue de l'amant de la victime et d'une baby-sitter.
Le tribunal s'est notamment attardé sur l'audition du capitaine de police
Isabelle Boulesteix, qui avait recueilli le 8 mars 2000 les dépositions de
Jacques Viguier, au moment où celui-ci avait déposé une plainte pour
"enlèvement et séquestration" après la disparition de sa femme, dont le corps
n'a jamais été retrouvé.
L'officier de police a ensuite évoqué celles d'Olivier Durandet, l'amant de
Mme Viguier, contre lequel a été ouverte mardi une enquête pour "subornation
de témoin" par le parquet d'Albi.
Mme Boulesteix a relevé "une très grande inquiétude et une très grande
détresse" à l'écoute de la déposition d'Olivier Durandet. "Pour lui, quelque
chose de très grave était arrivé", a-t-elle indiqué.
Au contraire de M. Durandet, le capitaine de police a jugé "pas très
spontanées et très réfléchies les descriptions de Jacques Viguier dans son
emploi du temps".
L'avocat d'une partie civile, Francis Szpiner, s'est quant à lui étonné que
M. Viguier n'ait pas voulu mentionner durant sa déposition qu'il possédait un
téléphone portable.
"Pourquoi ne l'avez vous pas dit ?", a-t-il demandé, ajoutant: "cela aurait
permis aux policiers de vous joindre rapidement au cas ou votre épouse avait
été retrouvée".
"A cette époque, je n'utilisais pas encore ce téléphone qui venait de
m'être donné", a répondu l'accusé d'un ton assuré.
Le père, la tante, l'oncle et une cousine de Jacques Viguier se sont
succédés ensuite à la barre. Tous ont indiqué ne pas s'être inquiétés au cours
de la première semaine d'absence de Suzanne, pensant que celle-ci "était
partie quelques jours faire le point sur sa vie et son mariage", selon Pascale
Naudy, cousine de M. Viguier.
Jeudi sera l'avant-dernière journée du procès consacrée à l'évocation des
faits. Il sera notamment question du matelas où dormait Suzanne Viguier avant
sa disparition. Cette pièce à conviction, que Jacques Viguier dit avoir jeté
dans une déchetterie où s'est déclaré un incendie, n'a jamais été retrouvée.