La tête de liste PS du Val-d'Oise pour les
élections régionales, Ali Soumaré, a porté plainte avec constitution de partie
civile pour diffamation, à Paris, après les attaques dont il a été la cible de
la part d'élus UMP, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Cette plainte contre X a été déposée le 4 mars, directement auprès du doyen
des juges d'instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, Sylvie
Zimmermann. Elle devrait entraîner l'ouverture d'une information judiciaire,
confiée à un juge d'instruction.
L'avocat du candidat socialiste, Me Jean-Pierre Mignard, a précisé à l'AFP
que "cette plainte a été déposée contre X mais qu'elle (s'appuyait) notamment
sur le communiqué de Francis Delattre et Sébastien Meurant (maires UMP de
Franconville et Saint-Leu-La-Forêt, ndlr) dans lequel les élus décrivaient, le
19 février, M. Soumaré comme un "délinquant multirécidiviste chevronné".
Dans leurs attaques, relayées le jour même par le député et tête de liste
UMP du Val-d'Oise Axel Poniatowski, ils imputaient au jeune candidat d'origine
malienne cinq affaires judiciaires sur la base de documents qui se sont
révélés partiellement faux.
L'une des condamnations concernait un homonyme mineur, une autre remontant
à une dizaine d'années est désormais prescrite. Concernant une troisième,
prononcée en première instance en 2009, l'intéressé a fait appel et est
toujours présumé innocent, ce qui explique que le bulletin numéro deux du
casier judiciaire d'Ali Soumaré porte la mention "néant", comme le montre
mercredi Le Canard Enchaîné en publiant un fac-similé.
"Cette mention +néant+ ne signifie en rien ni l'inexistence des faits
publiés, ni l'absence des décisions de justice intervenues", ont réagi dans un
communiqué les avocats de Francis Delattre, Mes François Froment-Meurice et
Rémi Barousse.
Ils ont expliqué que le bulletin numéro deux du casier, comme l'exige le
Code de procédure pénale, rappellent-ils, ne fait pas figurer "les
condamnations ayant fait l'objet d'une réhabilitation (quand il s'est écoulé 5
ans après l'exécution d'une peine d'emprisonnement), "les décisions de
médiation pénale" ni "les décisions non définitives".
Outre la plainte en diffamation contre X, Ali Soumaré a également assigné
au civil à Paris MM. Delattre, Meurant et Poniatowski, selon Me Mignard.
Dans un communiqué, Francis Delattre a affirmé avoir reçu l'assignation
mercredi matin et l'a qualifiée de "manoeuvre dilatoire". "Un éventuel
jugement n'interviendra pas avant de nombreux mois et ceci permet à mes
adversaires d'éviter le débat avant les élections", a-t-il dit.