Le groupe de distribution Leclerc, condamné à
abandonner à une publicité jugée dénigrante pour les pharmaciens, a appelé à
la rescousse l'Europe et les droits de l'Homme, mardi devant la cour d'appel
de Colmar.
L'avocat de Leclerc, Me Gilbert Parleani, a longuement plaidé la liberté
d'informer et d'exprimer des opinions, garantie par la Convention européenne
des droits de l'Homme. Il a plusieurs fois évoqué l'Europe de la libre
concurrence. "Une vraie concurrence sur les prix doit être organisée. Comme
partout en Europe", a-t-il lancé reprenant ainsi un argument de la campagne
contestée.
Le groupement d'achats des centres Leclerc (Galec) faisait appel contre sa
condamnation, le 21 janvier, à cesser une publicité faisant référence aux prix
des médicaments en pharmacie. Il avait en outre été condamné à payer plus de
100.000 euros aux groupements de pharmaciens Univers Pharmacie, Directlabo et
Udgpo qui regroupent 7.500 officines.
Les pharmaciens reprochent à Leclerc "une campagne déloyale dénigrant les
pharmaciens d'officine sous le faux prétexte de défense de l'intérêt général
du consommateur". La "campagne publicitaire" de Leclerc dénonçait un prix des
médicaments déremboursés - qui "peut varier du simple au triple" - et
l'absence de "vraie concurrence" sur ce marché.
Me Hubert Bensoussan, l'avocat parisien des pharmaciens, a demandé mardi
250.000 euros pour chacun des trois groupements de pharmaciens.
Le président de la chambre civile a mis le jugement en délibéré au 23 mars.