La Ligue des droits de l'Homme dénonce mardi dans
un communiqué une volonté de "contrôle social total", que représente, selon
elle, la Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la
sécurité intérieure (Loppsi).
Ce projet de loi, examiné à partir de mardi en première lecture à
l'Assemblée nationale, "est porteur d'un saut qualitatif considérable dans la
construction d'une société de la surveillance, du soupçon et de la peur",
écrit l'association de défense des droits de l'Homme.
"Sa logique est claire : il s'agit de renforcer, d'intégrer et de
concentrer tous les instruments disponibles de fichage, de traçage et de
contrôle social dont les gouvernants actuels sont sans cesse plus demandeurs",
poursuit-elle.
La LDH déplore notamment "la multiplication des systèmes de
vidéosurveillance, y compris désormais des manifestations", "l'interconnexion
des fichiers de police alors que la Cnil a établi que ces fichiers sont
truffés d'erreurs, le filtrage policier des sites Internet et la chasse aux
internautes, la création d'une justice virtuelle par la systématisation de la
visioconférence pour les auditions de détenus ou d'étrangers en rétention
administrative".
Elle condamne "la légalisation des +mouchards électroniques+ introduits
dans les ordinateurs personnels à l'insu des citoyens espionnés", le
"couvre-feu pour les mineurs à partir de 13 ans, un nouveau contrat de
responsabilité parentale renforçant la pénalisation des familles en
difficulté, et la création d'une véritable milice policière accompagnée de
l'élargissement des pouvoirs des polices municipales".
La LDH "invite chaque parlementaire à mesurer la responsabilité qui est la
sienne devant le changement de société dont ce projet de loi est porteur" et
"appelle les citoyens à refuser d'être traités comme de présumés délinquants
sous contrôle étatique permanent, dans les moindres recoins de leur vie
privée".
Les syndicats de la magistrature (SM) et des avocats de France (SAF)
avaient également appelé lundi les parlementaires à s'opposer au projet de loi
Loppsi II, qu'ils jugent "liberticide" et qualifient de "cauchemar
sécuritaire".