L'ex-ministre PS de la Justice Elisabeth Guigou a
déclaré mardi que le projet de suppression du juge d'instruction risquait
d'aggraver "une justice à deux vitesses" en avantageant les plus riches, seuls
à même de financer des "contre-enquêtes" face aux parquets.
"On ne peut pas supprimer le juge d'instruction sans garantir
l'indépendance du parquet, qui, si le juge d'instruction était supprimé,
serait le seul à faire l'enquête", a déclaré la députée de Seine-Saint-Denis
sur France 2.
"Mais même si l'indépendance des procureurs était garantie (...) il
resterait un gros problème: c'est celui de la garantie de l'égalité de tous
les Français devant la justice", a-t-elle poursuivi.
"Si vous supprimez le juge d'instruction et que vous avez le procureur et
l'avocat face à face, l'avantage sera donné aux gens qui ont les moyens de
rémunérer des détectives privés, des avocats, pour faire une contre-enquête
par rapport à celle des procureurs (...) donc on risque d'aggraver une justice
à deux vitesses", a développé l'ex-garde des Sceaux.
Le gouvernement prévoit de supprimer ce pilier du système pénal depuis deux
siècles, suscitant une levée de boucliers dans le monde judiciaire et dans
l'opposition, qui dénoncent une "reprise en main de la justice" par l'exécutif.