Le procès d'Alain Kernoa, condamné à la
perpétuité pour le meurtre d'une jeune fille lors d'un teknival breton en
2005, a débuté lundi devant la cour d'assises d'appel d'Ille-et-Vilaine,
l'accusé restant sur la même ligne de défense en refusant d'expliciter les
faits.
L'homme de 28 ans avait été condamné en 2008 par la cour d'assises des
Côtes d'Armor pour assassinat et tentative de viol.
Comme en première instance, l'accusé, passionné de jeu vidéo qui se dit
plus à l'aise dans la réalité virtuelle que dans la "vraie vie", n'a pu
expliquer des faits qu'il reconnaît pourtant avoir commis.
"Il n'y a pas de logique, quand je donne ces coups de couteau qui
s'enchaînent, je ne sais pas ce que je fais. (...) Mais j'ai jamais voulu
faire de mal à Mathilde". Alain Kernoa conteste également la préméditation.
"C'est un mur en caoutchouc: il est en train de reprendre la même ligne de
défense en disant qu'au moment de l'agression contre Mathilde, il n'avait pas
conscience de ce qu'il faisait", a déploré Me Marc Giommoni, défenseur de la
branche paternelle de la famille de la victime.
Le corps dénudé de Mathilde Croguennec, 18 ans, avait été découvert le 26
juin 2005 lardé de 28 coups de couteau en contrebas du teknival de Carnoët
(Côtes d'Armor), "un supermarché de la drogue" selon les gendarmes, qui avait
rassemblé quelque 40.000 "teufeurs".
Le verdict est attendu vendredi, au terme de cinq jours de débats.
Me Eric Dupont-Moretti, ténor du barreau de Lille qui s'est notamment
illustré dans les affaires Outreau ou OM-VA, assure la défense de l'accusé.