L'homme d'affaires et plasticien Thierry Ehrmann,
contraint mardi par la Cour de cassation à remettre en l'état les lieux où il
avait construit sa "Demeure du Chaos", a annoncé jeudi qu'il formerait un
recours devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Située à Saint-Romain-au-Mont-d'Or (Rhône), près de Lyon, la "Demeure du
Chaos" est un ancien relais de poste du XVIIe siècle, "déconstruit" par son
propriétaire, Thierry Ehrmann, président du groupe Serveur (banques de
données) et d'Artprice.com (cotation en ligne d'oeuvres d'art).
Depuis 1999, M. Ehrmann a supervisé le travail d'une quarantaine d'artistes
qui ont transformé la bâtisse en un symbole apocalyptique, aux murs calcinés
et recouverts de portraits de Ben Laden ou encore Fidel Castro.
A l'issue d'une longue procédure en justice, la cour d'appel de Grenoble
avait, le 16 décembre 2008, jugé que cette oeuvre enfreignait le code de
l'urbanisme. Condamnant M. Ehrmann à une amende de 30.000 euros, elle lui
avait donné neuf mois pour remettre les lieux dans leur état d'origine.
Le condamné s'était alors pourvu en cassation. Mais, mardi, la chambre
criminelle de la Cour de cassation a rejeté son pourvoi, rendant définitive la
décision grenobloise.
"Plus que jamais, Thierry Ehrmann (...) va plaider avec férocité sa cause
pour faire valoir et respecter le droit à la liberté d'expression, en formant
un recours (...) auprès de la cour européenne des droits de l'homme contre la
France", a-t-il annoncé dans un communiqué de presse.
Selon lui, "cette décision porte atteinte à sa liberté d'expression et dans
le fait qu'il ne peut pas être soumis à la seule réglementation du droit de
l'Urbanisme, l'expression artistique étant un droit national et universel
depuis la nuit des temps".