Un homme jugé devant la cour d'assises de la
Seine-Saint-Denis pour avoir assassiné puis découpé sa femme en morceaux en
2005 à Pantin a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle.
Mongi Sghaier, 55 ans, détenu à Fleury-Mérogis, était jugé depuis mardi
pour l'assassinat de son épouse Nadia Mazouzi, dans la nuit du 6 au 7 novembre
2005. Des faits qu'il ne reconnaissait pas.
La veille de la disparition de celle-ci, ses deux fils, nés d'un premier
mariage, avaient entendu une dispute entre leur mère et leur beau-père. Ce
dernier leur avait ensuite annoncé que celle-ci était partie et ne reviendrait
pas. Il leur avait par ailleurs interdit de se rendre dans la cave de la
maison.
De leur côté, des proches de Mme Mazouzi s'étonnaient du fait que M.
Sghaier se montre peu inquiet après la disparition de sa femme et qu'il semble
surtout affairé à effectuer des travaux dans la cave du domicile familial.
Dix jours après la disparition de celle-ci, son corps avait été découvert
par les enquêteurs, dans cette cave, sous 60 cm de béton, découpé en 35
morceaux.
Pour Me Salif Dadi, avocat de plusieurs membres de la famille de Mme
Mazouzi, "il s'agit d'un verdict logique, cohérent avec les faits et les
éléments dans le dossier".
Le parquet avait requis 30 ans de réclusion criminelle. Lors de son
réquisitoire, l'avocat général avait mis en avant "la froideur incroyable" de
l'accusé, "qui lisait chez lui le journal alors que le corps de sa femme était
coupé en morceaux dans la cave".
"La jalousie est évidente. Il ne supportait plus sa femme, belle, plus
jeune que lui, qui se voulait plus libre que les femmes de son village
tunisien", a affirmé l'avocat général, en soulignant que les parties génitales
avaient été retirées des fragments du corps.
De son côté, M. Sghaier accusait un cousin de la victime. Au début du
procès, il avait décrit Mme Mazouzi comme une femme "difficile", "agressive",
qui le trompait.