Le fait de ne pas exécuter un jugement n’est pas une infraction. La prison pour dette n’existe plus en matière civile. Même si le juge prévoit une astreinte (c'est à dire la paiement d'une somme d'argent pour chaque jour de retard), ce n’est qu’une pénalité civile qui profite seulement au créancier (c'est à dire à celui à qui une personne doit de l'argent), et non à l’Etat. Par conséquent, la seule contrainte possible à l’encontre d’une partie qui n’exécute pas son jugement est une contrainte qui passe par l'atteinte à ses biens. Le créancier pourra seulement faire saisir les biens du débiteur, en vue de leur vente pour en récupérer le prix. Il faudra s'adresser à un huissier de justice. Recours à un huissier de justice: Si la partie adverse ne répond pas ou refuse de s'exécuter, il est possible, en cas de possession d'un acte constatant son droit (titre exécutoire), de s'adresser à un huissier de justice qui seul peut mettre en œuvre l'exécution forcée de la décision de justice. La liste des huissiers est consultable au tribunal de grande instance. Le coût de l'huissier peut être mis à la charge de la partie adverse. Si l'huissier ne parvient pas à obtenir l'exécution de l'acte, le particulier peut alors s'adresser au juge de l'exécution. Saisine du juge de l'exécution: Le juge de l'exécution est compétent pour régler les difficultés liées à l'exécution ou l'inexécution d'une décision de justice ou d'un titre exécutoire, notamment en matière de saisie des comptes bancaires ou des biens d'un débiteur. Il est le seul à pouvoir autoriser le créancier à prendre des mesures conservatoires (c'est à dire préalable à une saisie) lorsque celui-ci estime sa créance menacée. Le juge de l'exécution est saisi par assignation faite par un huissier de justice, qui transmettra la demande de la partie demanderesse au tribunal de grande instance du domicile du débiteur. La demande doit comporter les nom, prénom, profession et adresse du demandeur, et préciser l'objet de la demande aux termes d'un exposé sommaire des faits. |