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Jurisprudence
Demander l'anonymisation de cet arrêt
Cour de cassation
civile
Chambre civile 1
30 septembre 2009
08-16.147 Publié au bulletin
Titrages et résumés : CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 6 § 1 - Equité - Violation - Cas - Défaut d'effectivité du droit de recours - Applications diverses - Justiciable ayant été privé de la possibilité de faire valoir ses moyens d'appel, en matière d'assistance éducative, du fait de sa non-comparution en personne à l'audience et en dépit de la présence de son avocat ayant déclaré vouloir le représenter
Le droit à un procès équitable exige que soit donné à chacun l'accès au juge chargé de statuer sur une demande ; en matière d'assistance éducative, les parties se défendent elles-mêmes et ont la possibilité de se faire assister.
Méconnaît les exigences de l'article 6 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamenrales, ensemble les articles 931, 1186 , 1189 et 1192 du code de procédure civile , la cour d'appel qui considère comme non soutenu l'appel, formé en matière d'assistance éducative, par un parent qui n'a pas comparu en personne mais dont l'avocat présent à l'audience a déclaré vouloir le représenter, privant ainsi ce parent de la possibilité de faire valoir ses moyens d'appel
M. Bargue, président M. Chaillou, conseiller rapporteur M. Pagès, avocat général Me Ricard, SCP Thomas-Raquin et Bénabent
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :
Attendu que, selon le premier de ces textes, le droit à un procès équitable exige que soit donné à chacun l'accès au juge chargé de statuer sur sa demande ; que, selon les derniers, en matière d'assistance éducative, les parties se défendent elles-mêmes et ont la faculté de se faire assister ;
Attendu que pour considérer comme non soutenu l'appel interjeté par Mme X..., l'arrêt retient qu'en application de l'article 1189 du code de procédure civile , applicable devant la chambre des mineurs, les parties doivent comparaître en personne pour être entendues et ne peuvent se faire représenter par un avocat ;
Qu'en se déterminant ainsi et en privant Mme X... de la possibilité de faire valoir ses moyens d'appel, alors que son avocat était présent à l'audience et déclarait vouloir la représenter, la cour d'appel a méconnu les exigences des textes susvisés ;
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 12 juin 2007, entre les parties, par la cour d'appel de Riom ;
DIT n'y avoir lieu à renvoi ;
Laisse les dépens à la charge du Trésor public ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du trente septembre deux mille neuf.
MOYEN ANNEXE au présent arrêt
Moyen produit par Me Ricard, avocat de Mme X...
Il est fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir confirmé les décisions déférées en toutes leurs dispositions ;
AUX MOTIFS QUE :
« Attendu que l'appel interjeté dans les formes et délai légaux est recevable;
Attendu qu'en application de l'article 1189 du nouveau Code de procédure civile , applicable devant la Chambre des mineurs, les parties doivent comparaître en personne pour être entendues et ne peuvent se faire représenter par un avocat; qu'il sera considéré que l'appel de Mme Y..., absente, n'est pas soutenu;
Attendu que la cour, qui n'est saisie d'aucun moyen, ne peut que confirmer la décision déférée »;
ALORS QUE si la représentation n'est pas obligatoire en matière d'assistance éducative, les parties ont la faculté de se faire représenter auquel cas, leur présence n'est pas obligatoire et les conseils des parties sont entendus en leurs observations; qu'il ressort des mentions de l'arrêt que Madame Y..., non-comparante, était représentée par un avocat qui a déclaré vouloir la représenter ; qu'en relevant néanmoins que les parties doivent comparaître en personne pour être entendues et ne peuvent se faire représenter par un avocat pour décider que l'appel n'était pas soutenu, la Cour d'appel de renvoi a violé les articles 411, 931, 934 , 1189 et 1192 du Code de procédure civile , ensemble l'article 6§1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Publication : ???
Décision attaquée : Cour d'appel de Riom du 12 Juin 2007