| A la une Le calcul de l'impôt sur le revenu |
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| | | L'imposition des plus-values | |
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La réalisation de plus-values lors de la vente d’un immeuble, d’un meuble ou, par exemple, d’actions, donne lieu à imposition. Les modalités sont différentes selon la nature du bien vendu. |
Vente d’un immeuble | 1- Les ventes imposables
Sont imposables les ventes d’un bien immobilier par un particulier pour son propre compte, soit directement (le particulier est propriétaire du bien), soit indirectement par la voie d’une société dont les résultats sont soumis à l’impôt sur le revenu (Code général des impôts, art. 150 U). |
A noter | Un échange est considéré comme une double vente |
2 - Les ventes exonérées Plusieurs exonérations existent (Code général des impôts, art. 150 U-II) : - Vente de la résidence principale : la vente de la résidence principale n’emporte pas imposition à l’impôt sur le revenu en cas de plus-value réalisée. Seule la partie affectée à l’habitation est concernée lorsque l’immeuble sert à la fois de résidence principale et de local professionnel. Sont également concernées par l’exonération les dépendances de la résidence principale (ex : garage)
- Vente d’un immeuble d’un montant inférieur à 15 000 € pour le propriétaire
- Vente l’année N d’un immeuble par un contribuable titulaire d’une pension de retraite ou d’une carte d’invalidité si en N-2 le propriétaire n’a pas été assujetti à l’impôt de solidarité sur la fortune et si le revenu fiscal de référence ne dépassait pas, toujours en N-2, 9 560 € pour la première part de quotient familial et 2 553 € pour chaque demi-part suivante (Code général des impôts, art. 150 U-III).
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Exemple | Un foyer fiscal est composé d’un couple marié et d’un enfant. Leur quotient familial est égal à 2,5 (deux pour le couple et 0,5 pour l’enfant). Le revenu de référence ne doit donc pas dépasser 9 560 + (3 X 2 553) soit 17 219 €. |
- Opérations de remembrement : les plus-values réalisées lors d’opérations de remembrement sans vente sont exonérées. En revanche, la cession ultérieure du bien emporte imposition mais en ne tenant pas compte de l’opération de remembrement. Cela signifie que le prix d’achat à retenir est celui de l’immeuble avant remembrement, tout comme la date d’acquisition qui n’est pas celle du remembrement.
- Vente d’un immeuble à un organisme HLM ou à une collectivité territoriale ou assimilée : toute cession à un organisme HLM ou assimilé ou à une collectivité territoriale ou un groupement avant le 31 décembre 2009 bénéficie d’une exonération.
- Vente d’un immeuble à usage d’habitation par une personne non fiscalement résidente en France mais ressortissante d’un Etat membre de la Communauté européenne ou d’un Etat membre de l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative pour la lutte contre la fraude ou l’évasion fiscale. Cette exonération ne s’applique que pour deux cessions d’immeubles sous réserve que le contribuable ait été fiscalement domicilié en France pendant au moins deux ans auparavant et qu’il ait la libre disposition du bien au moins depuis le 1er janvier de l’année précédant celle de la cession. Pour être exonérée, la deuxième cession doit porter sur le bien immeuble du contribuable situé en France et ne doit pas intervenir avant l’expiration d’un délai de cinq années après la première.
3 - Le calcul de la plus-value imposable La plus-value est obtenue en retranchant du prix de cession le prix d’acquisition majoré des dépenses liées à la conservation ou à l’amélioration du bien. Le montant obtenu est lui-même diminué d’un abattement de 10% par année de détention au-delà de la cinquième. Un dernier abattement de 1 000 € est appliqué. Plus-value = [prix de vente – (prix d’achat + travaux)] – abattement de 10% / an au-delà de la 5ème année – 1 000 € Le prix de cession correspond au prix mentionné dans l’acte de vente auquel il convient de retrancher les frais liés à la vente. Le prix d’acquisition est le prix indiqué dans l’acte de vente auquel il convient d’ajouter 7,5% au titre des frais. Ce complément est forfaitaire. Le vendeur a cependant la possibilité d’opter pour l’évaluation réelle des frais sous réserve de pouvoir les justifier. Lorsque le bien résulte d’une donation ou d’une succession, il faut retenir la valeur du bien prise en compte pour le calcul des droits de donation ou de succession. Les dépenses liées à la conservation ou à l’amélioration du bien sont les dépenses qu’un propriétaire engage tout au long de la vie du bien avec des travaux réalisés par une entreprise. Des justificatifs sont nécessaires. Il est toutefois possible, pour les immeubles acquis depuis plus de cinq années, de déduire, sans justificatif, 15% du prix d’acquisition au titre des travaux. |
Exemple | Un contribuable célibataire achète le 1er juin 2000 un appartement 80 000 € et le revend le 1er août 2008 pour un prix de 140 000 €. Il a réalisé durant la période 20 000 € de travaux qu’il peut prouver au moyen de factures établies par des entreprises. Le prix d’achat retenu est de 80 000 € Le prix de vente retenu est de 140 000 € Le montant des travaux est de 20 000 €, soit 25% du prix d’achat. Le contribuable a tout intérêt à déduire les travaux réalisés selon leur montant réel. La durée de détention avant vente est de 8 années et 2 mois soit un abattement de 3 X 10%, soit 30% La plus-value sera donc égale à 140 000 – (80 000 + 20 000) – 30% - 1 000 soit 27 000 € |
4- Le calcul de l’imposition
La vente d’un immeuble donne lieu à une imposition au titre des plus-values au taux de 16% auquel il convient d’ajouter 12,1% pour les contributions sociales (CSG, CRDS, …). Les prélèvements s’élèvent donc à 28,1% du montant de la plus-value réalisée. |
Vente d’un meuble | 1- Les ventes imposables
Sont imposables les ventes d’un bien mobilier par un particulier fiscalement domicilié en France pour son propre compte, soit directement (le particulier est propriétaire du bien), soit indirectement par la voie d’une société dont les résultats sont soumis à l’impôt sur le revenu (Code général des impôts, art. 150 UA). |
A noter | Un échange est considéré comme une double vente |
2 - Les ventes exonérées
Ne sont pas imposables :
- Les ventes de meubles détenus depuis plus de douze années - Les ventes de meubles à un inférieur à 5 000 € - Les ventes de meubles meublants (table, chaises, …) - Les ventes de véhicules automobiles - Les ventes d’appareils ménagers
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Attention ! | Les ventes d’objets d’art, de collection ou d’antiquité relèvent d’un régime particulier |
3 - Calcul de la plus-value imposable
La plus-value est obtenue en retranchant du prix de cession le prix d’acquisition majoré des dépenses liées à la conservation ou à l’amélioration du bien. Le montant obtenu est lui-même diminué d’un abattement de 10% par année de détention au-delà de la deuxième.
Plus-value = [prix de vente – (prix d’achat + travaux)] – abattement de 10% / an au-delà de la 2ème année Le prix de cession correspond au prix mentionné dans l’acte de vente auquel il convient de retrancher les frais liés à la vente. Le prix d’acquisition est le prix indiqué dans l’acte de vente auquel il convient d’ajouter les frais engagés à cette occasion. Les dépenses liées à la conservation ou à l’amélioration du bien sont les dépenses qu’un propriétaire engage tout au long de la vie du bien. Des justificatifs sont nécessaires en vue de leur déduction selon le montant réel |
Exemple | Un contribuable achète le 1er juin 2000 un lot de bouteilles de vin pour 1 000 € et les revend le 1er août 2008 pour un prix de 8 000 €. Le prix d’achat retenu est de 1 000 € Le prix de vente retenu est de 8 000 € La durée de détention avant vente est de 8 années et 2 mois soit un abattement de 6 X 10%, soit 60% La plus-value sera donc égale à 8 000 – 1 000 – 60% soit 2800 € |
4 - Le calcul de l’imposition
La vente d’un meuble donne lieu à une imposition au titre des plus-values au taux de 16% auquel il convient d’ajouter 12,1% pour les contributions sociales (CSG, CRDS, …). Les prélèvements s’élèvent donc à 28,1% du montant de la plus-value réalisée.
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Vente de valeurs mobilières (actions, obligations, …) | Les plus-values réalisées par des particuliers à l’occasion de la vente de valeurs mobilières sont, en principe, soumises à imposition. Seul sera ici envisagé le régime général applicable aux particuliers qui ne relèvent pas d'un régime particulier (ex: dirigeant cédant ses titres dans sa société à l'occasion de son départ en retraite, ...).
1- Les ventes imposables
Sont imposables les ventes de valeurs mobilières par un particulier fiscalement domicilié en France pour son propre compte (Code général des impôts, art. 150-0A).
2- Les ventes exonérées
Les exonérations les plus courantes sont :
- Les ventes d’actions lorsque les cessions, durant l’année civile, se sont élevées à moins de 25 730 €
- Les ventes de valeurs mobilières par des personnes qui n’ont pas leur résidence fiscale en France à l’exceptions des titres de SCPI et des parts de sociétés dont les résultats sont imposés à l’impôt sur les sociétés dans lesquelles le vendeur détient une participation minimum de 25%
- Les cessions réalisées dans le cadre d’un plan d’épargne en actions lorsque, tout du moins, aucun retrait n’intervient durant les cinq premières années suivant l’ouverture du plan. Le contribuable est cependant tenu de payer les contributions sociales (CSG, CRDS, …) au taux de 12,1%
3- Calcul de la plus-value
La plus-value est obtenue en retranchant du prix de cession le prix d’acquisition. Le montant obtenu est lui-même diminué d’un abattement d’un tiers par année de détention au-delà de la cinquième (voir l’encadré ci-dessous).
Dans l’hypothèse où des valeurs mobilières identiques seraient acquises à des prix différents, le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value correspond au prix moyen (il faut calculer la moyenne). |
Attention ! | L’abattement d’un tiers s’applique aux cessions d’actions de sociétés qui ont leur siège dans la Communauté européenne et qui sont soumises à l’impôt sur les sociétés. Cet abattement s’appliquera pour les particuliers à compter du 1er janvier 2012 puisque la loi de 2006 qui a créé cet abattement n’est pas rétroactive. |
4 - Le calcul de l’imposition La vente de valeurs mobilières donne lieu à une imposition au titre des plus-values au taux de 18% auquel il convient d’ajouter 12,1% pour les contributions sociales (CSG, CRDS, …). Les prélèvements s’élèvent donc à 30,1% du montant de la plus-value réalisée. Le taux est cependant porté à 22,5% (+12,1%) soit 34,60% lorsque le contribuable procède à un retrait d’un plan d’épargne en actions (PEA) durant les deux premières années suivant son ouverture. En cas de moins-values, leur montant peut seulement être imputé sur des plus-values de même nature avec un report durant au maximum 10 années. |
| Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ? Article rédigé par Ludovic Ayrault, Professeur agrégé des universités de droit, Enseignant Chercheur en droit fiscal
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