Je me présente, Ysatis, trente-sept ans, mariée depuis presque neuf ans, treize ans de vie commune, deux enfants de neuf et cinq ans...
Trois ans que je n'aime plus mon mari. Les sentiments sont morts et enterrés, mais au lieu de partir, j'ai choisi de rester, pour les enfants. La fameuse raison.
Au début, ça allait, mais l'année 2008 a été un véritable enfer, et le début 2009 aussi. Je me lève le matin les larmes aux yeux. Je me couche le soir les larmes aux yeux. Je ne pouvais plus continuer comme ça.
Et puis hier soir, je l'ai fait. Sans colère, sans reproches, sans adrénaline... Calmement. J'ai osé aborder sérieusement le sujet du divorce, moi qui n'en parlait que dans mes accès de colère. Vous l'imaginez, ça a été l'horreur.
Selon lui, j'ai été envoûtée. Je lui ai demandé froidement s'il pensait au vaudou en disant cela. Il fait l'autruche. Il n'arrive pas à admettre qu'il a foiré deux mariages et un concubinage.
Depuis, c'est une tension à couper au couteau qui règne à la maison. Lui au salon, moi dans la chambre.
Dire que les enfants ne sont pas avec nous pendant cinq jours ! Dans une vie idéale, on se serait retrouvés en amoureux. Dans une vie idéale, on se serait parlé, on aurait fait des projets, on serait sorti au ciné ou au restau. Mais on n'est pas dans une vie idéale.
Le grand mot est laché. Ou lâche, peut-être ? Le mot DIVORCE. Un terme qui fait peur, tant ce qu'il sous-entend demande de force, de courage. De puiser en soi ses dernières réserves ?
Il dit qu'il m'aime toujours. Je réponds que je ne l'aime plus. Comment sortir de ce dialogue de sourds ? Dites-moi, êtes-vous passé(e) vous aussi, par là ?
J'ai tellement peur pour mes deux petits bouts. De détruire leur vie, de les voir souffrir. Peur que ça se passe mal, qu'il m'obllige à sortir l'artillerie lourde et à lui coller un divorce pour faute à cause de son alcoolisme.
Laissez-moi vous parler un peu de l'alcoolisme.
J'avais toujours pensé, avant de vivre la situation au quotidien, qu'un alcoolique, c'était un homme saoul du matin au soir, un bourrin aviné qui frappait sa femme et ses gosses.
Le gros cliché, quoi.
Dans mon cas, c'est un homme qui peut être charmant, qui boit du Ricard et des bières quotidiennement, mais sans rouler sous la table, bref, qui "tient" bien la distance. C'est un homme qui n'a jamais levé la main sur moi ni sur les enfants, mais aussi un homme qui n'a jamais eu la moindre attention à mon égard, qui me prend pour un lave-vaisselle, une cuisinière, un lave-linge et une repasseuse.
Qui me tient pour acquise.
Un homme qui me laisse faire à manger quand je rentre à sept heures du soir après ma journée de boulot, alors que lui est là depuis le début de l'après-midi. Bref, un homme ravi d'avoir bobonne à la maison, et qui n'a pas du tout compris que bobonne, de temps en temps, elle avait besoin de rêver, de se sentir épaulée, soutenue, et non enfoncée en permanence. Jamais un compliment, toujours des critiques.
Elle avait besoin de se sentir importante, bobonne, valorisée. Tant pis, elle trouvera ça ailleurs, seule avec elle-même.
Certains hommes n'apprennent jamais de leurs erreurs.
Le mien en fait partie.
L'ex-mien, devrais-je dire.
Et pourtant, je me sens coupable, je me sens égoiste. Je pense à nos enfants, à ceux du premier lit que j'ai connu tout jeunes - mon beau-fils vit avec nous. Mais je ne peux plus continuer ainsi. En avril dernier, j'avais perdu 24 kilos, j'étais passée d'une taille 50 à une taille 44. Là, j'ai repris dix kilos en presque un an.
Que dois-je faire, dîtes-moi ? Continuer comme ça, reprendre le poids perdu parce que plus rien ne va ? Une balle dans la tête serait plus rapide et surtout moins douloureuse.
Je suis en train de me détruire, et cette relation me tue chaque jour davantage.
Il arrive toujours un moment, ou il faut savoir dire... STOP, vous ne croyez pas ?
S'il vous plait, parlez-moi, je suis au trente-sixième dessous, et vos témoignages me seront plus qu'utile. Que dois-je faire, si vraiment, il refuse le divorce ? L'idée même du divorce pour faute, avec ses coups bas et ses règlements de compte, me répugne.
Je ne peux plus continuer comme ça. Merci d'avance de vos réponses.




