Certes, un litige auprès du tribunal de Prud’hommes est toujours un constat d’échec pour l’entreprise.
Un DRH compétent ferait donc tout pour l’éviter.
Comptez-vous à cent pour cent sur la compétence de votre DRH ?
Une mise à pied sans motif sérieux peut coûter cher à une entreprise.
Si néanmoins demain on vous faisait partir sur-le-champ êtes-vous prêt pour vous défendre ?
Ca ne vous a jamais effleuré l’esprit, mais la photo qui a fait rougir tous vos collègues mâles a également atterri dans la boîte mail de votre patron, et il pense bien s’en servir…
Bref, en cas de « force majeure » êtes-vous prêt à assumer le pire ?
A moins d’être un joueur de poker averti, assurez-vous de votre capacité morale et financière d’assumer tout aléa lié à votre négociation, notamment un litige auprès des tribunaux pendant 2 ans.
Ceci, croyez-moi, vous donnera un supplément de force dans votre négociation. - Check-list avant de démarrer
- Vous savez clairement ce que vous souhaitez obtenir de votre négociation.
- Vous avez répertorié vos atouts.
- Vous avez « verrouillé » vos atouts : vous avez pris soin de garder des copies des documents que vous pourrez éventuellement utiliser devant un tribunal.
Vous avez demandé à vos collègues les plus proches de consigner par écrit des informations que vous serez amené à prouver dans deux ans.
- Vous avez taché de répertorier les pires scénarios quant à la réaction de votre employeur : mise à pied immédiate, refus de toute négociation, fausses accusations, dénigrement…
- Vous savez ce que vous avez à perdre.
Vous saurez assumer les pires scénarios.
- Compte tenu de ce que vous avez à perdre ou à gagner, vous vous dites que ça vaut toujours le coup de passer quelques longs mois de stress. Vous sentez le vent tourner, faite en douceur vos valises avant qu’il ne soit trop tard.
Dites-vous que le jour où vous n’aurez plus le badge d’accès, vous ne pourrez plus accéder ni à votre boîte email, ni aux comptes-rendus de réunions internes, ni même à la plupart de vos collègues.
Voici quelques réflexes utiles avant qu’il ne soit trop tard :
- Rapatriez vos affaires personnelles. Pensez notamment à vos anciens agendas : ils pourraient servir lorsqu’il s’agira de justifier votre travail au sein de l’entreprise.
- Faites une copie de tous les documents (emails, agendas électroniques, comptes-rendus de réunions, tableaux de gestion concernant votre productivité, règlements internes) qui peuvent vous être utiles devant un tribunal.
Bientôt vous n’aurez aucun accès à ces informations, et ne comptez pas sur vos ex-collègues une fois que vous êtes dehors.
- Mettez de côté les coordonnées de vos partenaires professionnels privilégiés, avec lesquels vous reprendrez le contact dans une autre vie professionnelle.
Naturellement, il ne s’agit pas de copier le fichier Clients de votre entreprise : ce serait illégal, et en outre très mal vu par les clients eux-mêmes.
- Créez-vous une boîte email personnelle (sur les serveurs gratuits comme Yahoo ou Gmail), et envoyez un message groupé à partir de cette boîte à tous vos amis, pour les prévenir du changement de votre adresse email.
- A partir de votre PC sauvegardez sur disquette ou CD tous vos documents personnels.
Le cas échéant, vous pouvez exporter vos favoris Internet, ainsi que votre carnet d’adresses électronique.
- Renforcez discrètement vos contacts avec les collègues que vous ne souhaiterez pas perdre de vue après votre départ.
C’est le moment d’inviter à la maison et de boire un verre entre amis après le travail…
- Soldez les journées RTT et les vacances que vous ne pourrez pas vous faire payer (renseignez-vous auprès de votre service RH à ce propos).
- Profitez pour la dernière fois des avantages que vous donne votre statut professionnel : mutuelle santé, billets gratuits pour l’opéra, chèques-vacances, abonnement réduit sportif, informations professionnelles réservées aux entreprises… |