Après les versions minimaliste et optimiste de vos calculs, il est très utile de vous renseigner sur les pratiques passées de votre entreprise, ou dans de cas similaires au vôtre.
Par définition cette information est difficile à obtenir, donc il est nécessaire de vous tenir informé bien en amont de votre négociation.
Pour pouvoir comparer, comptez toujours en mois de salaire brut et non pas en montant absolu.
De même, faites préciser à vos interlocuteurs si le montant cité correspond uniquement aux indemnités transactionnelles, ou inclut le solde et indemnités légales.
Ceux qui sont partis avec un chèque ont souvent tendance à tout compter en vrac.
Par ailleurs, sachez que l’indemnité transactionnelle brute est ponctionnée d’environ 10% de prélèvements obligatoires avant de vous être versée.
C’est à vous seul de définir en amont votre objectif, car c’est vous qui le défendrez lors de votre négociation.
Il doit être réaliste, et correspondre à votre situation matérielle au moment du licenciement.
En clair, vous aurez moins de complexes à poser la barre haute si votre compte en banque vous permet de faire face à une éventuelle procédure longue devant les Prud’hommes.
Informez-vous, réfléchissez et soyez réaliste, et ensuite tenez-vous à l’objectif que vous vous êtes fixé, sans vous laisser intimider par votre employeur.
Seule une information fondamentalement nouvelle vous fera remettre en cause votre objectif, mais en aucun cas la pression que vous aurez lors de la négociation. - Ne jamais parler le premier
C’est la règle N°1 de toute négociation.
C’est la règle que votre DRH cherchera également à appliquer.
Vous avez un avantage face à lui : étant moins expérimenté que lui en matière de licenciements vous le laisserez guider vos discussions.
Vous le laisserez donc parler le premier.
Et si par hasard il s’obstine à vous faire dire le premier mot (chiffre), n’hésitez pas à faire dans l’absurde : « Deux ans de salaire seront un bon compromis, M. le DRH »…
Au mieux il vous l’accordera… au pire il sera obligé d’entrer dans le vif du sujet. - Comment le dire ? Argumenter ?
Parler argent c’est mal.
Commencer une négociation par la question de l’argent, c’est grossier.
Ne pas vous accorder le montant que vous demandez, ça relève du manque de savoir-vivre et de la mesquinerie.
Défendre votre chèque relève du principe.
Ce n’est pas au moment de parler argent que vous allez argumenter, mais bien en amont, lors des réunions où vous avez exposé en détail le préjudice que vous causera votre (injuste) licenciement.
Vous avez démontré votre détermination, vous avez montré que vous avez de sérieux atouts et que vous connaissez vos droits.
Vous avez fait parler premier votre interlocuteur, et il vous a fait une première proposition.
Comment répondre ?
Dites simplement votre chiffre. L’argent n’est pas la seule contrepartie de votre préjudice que vous puissiez obtenir.
Lors de votre transaction vous pouvez également négocier :
- l’annulation de votre clause de non-concurrence (renseignez-vous avant sur sa validité juridique, il serait dommage de négocier une fausse faveur de la part de votre entreprise),
- le maintien de votre voiture, téléphone portable et ordinateur de fonction,
- le maintien de votre mutuelle, le temps de trouver un nouvel emploi,
- le financement par votre entreprise d’une formation, ou d’un séminaire de reconversion professionnelle,
- le maintien de tout autre avantage lié à votre statut de salarié. Une fâcheuse tradition des pays du sud de l’Europe veut qu’on annonce 200 pour obtenir 100.
Personnellement je n’ai pas respecté cette règle, ce qui m’a coûté trois semaines de négociation de plus.
Adaptez donc votre tactique en fonction du profil de la personne en face. |