Le salarié peut bénéficier d'avantages salariaux résultant d’un accord collectif, d'un usage (c'est-à-dire d’une pratique constante, régulière et fixe dans l’entreprise) ou encore d'un engagement unilatéral de l'employeur (13e mois, prime de vacances, etc.).
Les éléments de rémunération résultant d’un usage ou d’un engagement unilatéral de l’employeur sont fragiles.
Ils peuvent en effet être dénoncés unilatéralement par l’employeur ou, cela revient au même, remis en cause par la signature d’un accord collectif.
Pour pouvoir valablement dénoncer cet élément de rémunération, l’employeur doit informer de sa décision tous les salariés concernés par l'avantage supprimé (Cass. soc., 25 févr. 1988) et doit respecter un délai de prévenance suffisant.
L’employeur doit informer chaque salarié individuellement (par courrier) de sa décision de modifier cet élément de rémunération.
Il ne peut se contenter d’informer collectivement par voie d'affichage ou par voie d'information sur l'Intranet.
Les éléments de rémunération résultant d’un accord collectif peuvent également être remis en cause ou dénoncés par l’employeur ou une organisation syndicale signataire de l’accord.
Dans ce cas, une nouvelle négociation doit s'engager dans les trois mois qui suivent la date de la dénonciation.
Quoi qu’il en soit, l’élément de rémunération continue à s’appliquer pour le salarié pendant ce délai de trois mois, même si un nouvel accord collectif a été conclu.
Si aucun accord n’a été conclu après l’expiration du délai de trois, les parties à l’accord collectif ont un délai de 12 mois pour conclure un nouvel accord.
Il s’agit d’une période de survie provisoire de l’accord collectif.
A l’issue de ce délai, si aucun nouvel accord n’a remplacé l’ancien, les salariés présents dans l’entreprise à l’issue du délai de 15 mois conservent l’élément de rémunération.
Autrement dit, celui-ci est incorporé à leur contrat de travail. Par contre, les salariés embauchés après l’expiration du délai de 15 mois à compter de la date de la dénonciation, ne pourront revendiquer cet élément de rémunération même en invoquant la règle « à travail égal salaire égal ». |