Comme précédemment, le juge peut fixer une résidence habituelle et un droit de visite et d’hébergement ou bien fixer une résidence alternée.
Si l’on en croit l’esprit de la loi, c’est la résidence alternée qui devrait être privilégiée par le juge.
- Comment obtenir une résidence alternée ?
Selon l’article 373-2-9 du Code civil, il s’agit d’un droit pour chaque parent.
Cela signifie que l’autre parent n’a pas à y consentir pour qu’elle soit possible.
Dès lors qu’un parent demande une résidence alternée, le JAF a l’obligation de statuer sur cette demande.
Quels sont alors les critères sur lesquels le juge va s’appuyer pour décider ?
La règle simple et unique est le respect de l’intérêt de l’enfant.
Il n’y a donc aucune condition positive posée par le Code civil : aucun minimum d’âge, aucune durée d’alternance.
Heureusement pour s’aider le JAF peut s’appuyer sur :
- La pratique antérieure des parents,
- Les sentiments exprimés par l’enfant : l’enfant a le droit d’être entendu par le juge dès lors qu’il est en âge de comprendre (vers sept ans),
- L’aptitude des parents à assumer ses devoirs et à respecter les droits de l’autre,
- Des expertises ou des enquêtes sociales qu’il a pu ordonner.
En pratique, les JAF s’appuient le plus souvent sur l’âge de l’enfant, la proximité géographique des parents notamment pour respecter la scolarisation de l’enfant, ou encore la disponibilité des parents…
Ce sont donc des éléments d’appréciation assez subjectifs et la solution dépend donc véritablement du JAF compétent.
Si le juge décide de fixer une résidence alternée, il en détermine également les modalités (notamment la durée de l’alternance toujours selon l’intérêt de l’enfant : une semaine chez chacun des parents est le plus fréquent).
De même, s’il le souhaite le juge peut prévoir une période d’essai, d’une durée de six mois en général.
A son issue et selon les évaluations, il décidera de la maintenir ou au contraire de fixer une résidence habituelle chez l’un des parents.
En revanche, si le juge refuse de fixer la résidence alternée, il la fixe habituellement chez l’un des parents.
Généralement la résidence habituelle est fixée chez le parent qui est le plus apte à s’occuper de l’enfant, le plus disponible et surtout celui qui « joue le jeu », c’est-à-dire celui qui respecte les droits de l’autre.
Ce dernier se voit alors accorder un droit de visite et d’hébergement. |